17 août 2008

Confiture myrtilles-citron

Sous le soleil de midi, nous avons cueilli avant-hier, ma petite-fille Sophia et moi, plus de 4 kg de myrtilles. Sophia a trois ans et demi et c'était sa première cueillette. Elle a travaillé sans relâche, versant sans arrêt le contenu de son petit panier dans le grand panier à fond plat dont nous avions été munies à l'entrée de la ferme.
Elle n'a pas non plus cessé de parler un seul instant : "Regarde, cette petite myrtille avec son papa et sa maman. Je vais la mettre dans mon panier, et puis mettre la maman et aussi le papa, et comme ça elle sera très contente, la petite myrtille. Les myrtilles, ça n'a pas d'yeux et pas d'oreilles, ça a une bouche. Mais ça ne sait pas parler. C'est pas des personnes. Moi, je suis une personne, et ma maman aussi, et mon papa aussi, et..." Toute la famille a été ainsi passée en revue jusqu'au chien dont elle a déclaré fermement qu'il n'était pas une personne. Le sujet étant épuisé, on aborde le suivant: "Regarde, ce nuage, il ressemble à un dinosaure. Mais pas un dinosaure pour de vrai...", puis "Quand on ira cueillir des pommes, mon papa me mettra sur son dos pour que je puisse les attraper très haut très haut. Mon papa, il est très fort, etc."
Collines boisées à l'horizon, vignobles (surprenant mais vrai), plantation de sapins de Noël, champs après champs de citrouilles naissantes, nous avons visité une bonne partie de la propriété car le fermier nous a emmenées par des chemins cahoteux jusqu'au carré de buissons de myrtilles dans le "berry ferry" (camion bleu dont l'arrière avait été transformé en char à bancs coiffé d'une capote contre le soleil et la pluie). Moment magique...

Mais en rentrant, il a fallu songer à ce qu'on allait faire de toutes ces myrtilles, à part en donner à la famille et aux amis. Pour commencer, on en a mangé chacune un grand bol avec du yaourt et puis j'ai fait quelques pots de confiture. J'ai mélangé des citrons aux myrtilles car l'acidité du citron relève bien la douceur de la myrtille. En outre, les citrons sont riches en pectine, ce qui aide la confiture à prendre. C'est en effet ce qui s'est passé.


Ingrédients (pour 1 kg de confiture):
1 kg de myrtilles fraîches
4 citrons non traités (dont un pressé en jus)
750 g de sucre cristallisé

Méthode:
  1. Laver 3 citrons après en avoir coupé et jeté les extrémités, et les découper les citrons en lamelles très fines. Retirer soigneusement les pépins et couper les rondelles de citrons en quatre (je les ai coupées en demies-lunes et c'est un peu trop gros, à mon avis)
  2. Faire bouillir ces tranches de citron 10 minutes avec 350 g de sucre en remuant de temps en temps
  3. Pendant ce temps-là, laver et trier les myrtilles et en écraser la moitié dans 400 g de sucre. Remuer et laisser macérer
  4. Au bout de 10 minutes, ajouter aux citrons les myrtilles écrasées et les myrtilles réservées ainsi que le jus du quatrième citron
  5. Laisser cuire jusqu'à ce qu'une petite cuillérée de confiture versée dans une coupelle froide se fige presqu'instantanément
  6. Verser dans des pots précédemment lavés, ébouillantés et séchés et fermer immédiatement



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Note: saviez-vous que le petit voile blanc dont les myrtilles sont revêtues est en fait leur protection contre le soleil ? Je l'ai appris ici.
Les petits pots de confiture sagement rangés sur l'étagère du cellier (un grand nom pour le réduit sous l'escalier !) et la maison embaumant encore le citron et les myrtilles, je pense à la gelée qu'évoque Proust dans Combray, à ces "odeurs naturelles encore, certes, et couleur du temps comme celles de la campagne voisine, mais déjà casanières, humaines et renfermées, gelée exquise, industrielle et limpide de tous les fruits de l'année qui ont quitté le verger pour l'armoire" et je me dis que cet hiver, chaque fois que j'ouvrirai un pot pour le petit-déjeuner, je libérerai comme, Ali-baba de sa lampe, le génie de ce moment d'été et j'entendrai le babillage de Sophia, le bourdonnement des abeilles sur le trèfle et le bruissement du vent dans les sapins et que ce que nous étalerons, elle et moi, sur nos tartines, ce sera, d'abord, une petite couche de temps...

3 commentaires:

  1. Charmant -et gourmand- billet, et je n'ose imaginer le niveau sonore si Bérénice avait été là également, elle est aussi pipelette que sa cousine issue de germaine !!
    Quant au voile blanc sur les myrtilles, ça alors!

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  2. Bonjour Banette. Je ne saurais trop remercier Flo de Makanaï de m'avoir donné l'adresse de ce blog. Quel travail de boulange! je sens que je vais revenir souvent.

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  3. Bienvenue sur Bombance, Gamelle ! Je serai ravie de t'y voir le plus souvent possible et je me réjouis, à mon tour, de découvrir ton blog.

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