18 septembre 2008

La gourmandise


Je lis sous la plume d'Alphonse Karr dans sa préface à la Physiologie du goût* de Brillat Savarin (édition de 1848): "Je n'avais jamais parlé sans mépris de la gourmandise, jusqu'au moment où j'ai lu la Physiologie du Goût de Brillat Savarin; j'avais vu dans la gourmandise la plus brutale, la plus égoïste, la plus bête des passions; la lecture de Brillat Savarin m'a rendu honteux de ne pas être gourmand. En effet, quand on a vu tant d'esprit, de finesse, de gaîté, de philosophie chez un gourmand de profession, on regrette de ne pas avoir reçu de la nature les facultés nécessaires pour sentir et apprécier les plaisirs de la table; on s'estime affligé d'une infirmité et de la privation d'un sens; on se met au rang, sinon des sourds et des aveugles, au moins de ceux qui ont l'oreille dure et la vue basse, et on envisage l'orgueil qu'on a manifesté de ne pas être gourmand, comme on envisage la sotte vanité des gens qui sont fiers d'avoir des lunettes d'or, et qui toisent avec dédain ceux qui n'ont pas de lunettes".
J'adore cette idée qu'être gourmand, c'est être doté d'un sens en plus...
* Disponible en ligne sur le site Gallica (collection d'ouvrages numérisés) de la Bibliothèque nationale de France

2 commentaires:

  1. Laura illustre délicieusement cette gourmandise! Bisous à tous en Ohio!!

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  2. Elle est vraiment ravissante et adorable. Si la gourmandise se représente comme cela et bien tant mieux.

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