06 février 2009

"Traduttore traditore"

...ou, en bon français, "qui dit traducteur dit traître". L'adage me chagrine, vu que je suis (j'étais) traductrice de mon métier mais je ne peux pas dire qu'il soit entièrement faux. Il n'est certainement pas toujours évident de rendre toutes les nuances d'un original et d'en restituer le style.
Cela dit, certains traducteurs se donnent moins de mal que d'autres. Témoin cet extrait d'un article récent du New York Times sur le critique gastronomique François Simon," immortalisé", dit-on, dans le film Ratatouille sous les traits d'Anton Ego.



L'auteur de l'article évoque des macarons qu'il décrit comme de véritables étouffe-chrétiens et le traducteur traduit par "durs comme des chrétiens farcis" !
Le New York Times a depuis publié un rectificatif mais, dans l'intervalle, je parie que l'expression a dû en alarmer plus d'un. Déjà que les Français gavent les oies et les canards mais si en plus, ils farcissent les chrétiens ! Tous fous, ces Gaulois...

4 commentaires:

  1. Je trouve cela vraiment drole.

    AC

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  2. En regardant récemment le DVD , je n'ai pas un seul instant pensé à François Simon en Anton Ego! Comme quoi!
    En Corse, une recette ancienne se nomme "storza pretti" J'avais du mal à traduire en français,sur la carte, car le résultat n'est pas su tout ce que la traduction pourrait laisser croire. c'est moelleux et délicieux...
    Alors faut-il être "traitre" envers les mots ou envers le fonds ????? That is the question!

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  3. Bonjour, Gamelle ! "Storza pretti", ça veut bien dire "étouffe-curé" ? C'est la traduc que j'ai trouvée sur l'Internet car, hélas, je ne parle pas corse. En réponse à ta question, je pense que le premier devoir d'un traducteur est d'être fidèle au fond et le deuxième de rendre au mieux le style. Le traducteur de l'article du NYT a essayé d'être fidèle à la forme (en conservant l'image) mais il s'est trompé sur le sens (le fond) : il a cru qu'"étouffe" voulait dire "stuffed", autrement dit "farci" et il n'a pas vérifié dans un dico, d'où l'erreur plutôt cocasse. Entre nous, je pense qu'il (ou elle) aura du mal à retravailler pour le NYT...
    Cela dit, c'est drôle en effet que l'étouffe-curé se soit révélé moëlleux et délicieux. Peut-être que les fromages dont on se servait autrefois étaient plus secs ?

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